Published: Dim, Octobre 15, 2017
Divertissement | By Jasmine Asselineau

Le juge qui l'a libéré brise le silence — Bertrand Cantat

Le juge qui l'a libéré brise le silence — Bertrand Cantat

Bertrand Cantat fait de nouveau l'actualité.

Une incarcération qui a pris fin il y a tout juste 10 ans, le 15 octobre 2007.

"Je comprends l'émotion suscitée par la une de ce magazine, mais pas les réactions incroyablement violentes, parfois haineuses", explique le juge Philippe Laflaquière dans Le Parisien ce samedi 14 octobre alors que le retour du chanteur fait débat. "Marie nous manque", ont cosigné l'actrice et sa sœur, compagne de Samuel Benchetrit, l'ex-époux de Marie Trintignant, avec qui il a eu un fils.

Burkina : Le Général Bassolé mis en liberté provisoire
Le général Bassolé est poursuivi par la justice militaire pour son implication présumée dans le coup d'Etat de septembre 2015. Des manifestations ont été organisées dans plusieurs villes du pays depuis fin septembre pour réclamer aussi sa libération.

"Est-il nécessaire de rappeler qu'il a été condamné à Vilnius pour 'coups mortels' et non pour homicide volontaire? Il est donc inexact de le présenter comme un meurtrier, ou pire comme un assassin, toujours cette dictature de l'émotion", selon M. Laflaquière. Selon Le Parisien, cette dernière qualification n'existait pas à cette époque dans le droit lituanien. "Il avait accompli la moitié réelle de la peine, seuil plus sévère que celui prévu par la loi". "Prenant en compte les réductions de peine, j'aurais pu le libérer un an auparavant", poursuit Philippe Laflaquière. Mais Bertrand Cantat "n'a pas demandé une dérogation à cette jurisprudence, il voulait être traité comme tout autre détenu". Pour autant, il indique avoir "subi des attaques et des menaces de mort". "Mais il n'y n'avait strictement aucune raison de refuser cette libération justifiée et méritée, au motif que le détenu était célèbre", insiste le magistrat. Philippe Laflaquière y rappelle que le chanteur réunissait toutes les conditions pour sortir de prison. Mais il devait aussi s'abstenir de toute intervention publique ou diffusion d'oeuvre en rapport avec les faits commis.

Concernant la polémique qui accompagne les concerts, les sorties d'album ou les interviews du chanteur depuis sa sortie de prison, le magistrat concède: "Je n'ai pas à porter un jugement d'ordre moral sur le choix qu'a fait Cantat de revenir dans la lumière". La suite des événements lui donne raison selon lui puisque la libération, en 2007, "s'est déroulée sans le moindre incident". "

"Il m'a semblé que son retour sur la scène publique s'est déroulé de manière progressive, discrète, décente."
". Mais le cas ici est tout différent. Et de poursuivre: "Pour lui, comme le montre cette polémique, il est impossible d'imaginer un droit à l'oubli." . "De toute façon, lui-même n'oubliera jamais ses actes". "Depuis une certaine nuit de juillet 2003, je le crois plongé dans une culpabilité profonde, une souffrance inextinguible, une prison intérieure dont aucun juge ne pourra le libérer", explique-t-il.

L'ancien juge à Toulouse s'est également exprimé sur le suicide de l'épouse du chanteur en 2010, Kristina Rady: "J'en ai été bouleversé".

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