Published: Dim, Octobre 08, 2017
International | By Oceane Deschanel

Pression de la justice et des banques sur les indépendantistes

Pression de la justice et des banques sur les indépendantistes

Malgré un appel au dialogue de la Commission européenne, le président séparatiste catalan a surenchéri mercredi soir dans son duel avec Madrid, répondant au roi Felipe VI, qui, 24 heures plus tôt, avait accusé les autorités catalanes de manifester une "déloyauté inadmissible" en ignorant les lois et la Constitution. Il est poursuivi pour "sédition", comme les chefs des deux principales associations indépendantistes catalanes, très puissants dans la région: Jordi de l'Assemblée nationale catalane (ANC) et Jordi Cuixart (Omnium).

Peu après l'appel de Santi Vila, le président catalan a annoncé le report de 24 heures de son allocution sur le référendum, prévue lundi, devant le Parlement, une séance où l'on s'attendait à une déclaration unilatérale d'indépendance.

La Catalogne commence à subir les conséquences de la crise politique qui secoue le pays depuis la tenue d'un référendum d'autodétermination jugé illégal par Madrid, dimanche dernier.

Une déclaration d'indépendance "serait une folie", a estimé l'ancien Premier ministre français Manuel Valls, originaire de Barcelone. La comparution du chef de la police intervient alors que la pression politique ne cesse de s'accroître sur l'exécutif catalan.

"Nous n'écartons pas la possibilité de rebonds ponctuels", mais "jusqu'à ce que la situation en Catalogne s'éclaircisse, il semble compliqué que la Bourse espagnole puisse repartir à la hausse avec conviction", estimait toutefois le cabinet Link Analisis dans une note.

Jordan Amavi remplace Layvin Kurzawa en équipe de France
Le sélectionneur des Bleus va devoir faire avec plusieurs absences face à la Bulgarie et face à la Biélorussie. Il a été victime d'une contusion au genou gauche lors de l'entraînement de lundi après-midi à Clairefontaine.

Depuis le début de la crise, la justice a elle réagi avec fermeté. Qualifiant la décision du Tribunal constitutionnel de "fait extrêmement grave" et contraire à "la liberté d'expression" des députés, Mme Forcadell a assuré que le Parlement, dominé par les indépendantistes, n'accepterait pas "la censure". Une autre manifestation similaire a eu lieu en même temps à la place Cibeles à Madrid.

Même le roi d'Espagne est sorti de sa légendaire réserve, lors d'un message à la nation, cette semaine, au lendemain du référendum catalan.

La CaixaBank, première banque de Catalogne et troisième d'Espagne, réunira vendredi son conseil d'administration pour décider elle aussi d'un éventuel changement de siège social. De nombreux responsables économiques menacent d'en faire autant: il faut dire que l'indépendance prononcée mettrait "de facto" la Catalogne hors de la zone euro.

Il dit que si une Communauté autonome ne remplit pas les obligations que la Constitution ou les autres lois lui imposent, ou bien si elle agit de manière à porter gravement atteinte à l'intérêt général de l'Espagne, le gouvernement central pourra, avec l'approbation de la majorité absolue des membres du Sénat, prendre les mesures nécessaires pour la contraindre à respecter ces obligations ou pour protéger l'intérêt général mentionné. Mais une telle suspension échaufferait encore davantage les esprits en Catalogne, risquant de déclencher une spirale de violence. Certaines entreprises ont déjà décidé de quitter la région, comme Oryzon, une petite entreprise catalane de biotechnologies, qui a annoncé son départ de Barcelone pour Madrid.

Le porte-parole du gouvernement Inigo Mendez de Vigo a de son côté appelé les dirigeants catalans à dissoudre leur parlement et à convoquer des élections régionales.

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