Published: Sam, Juin 17, 2017
Financer | By Gilbert Hennequin

Un fumeur condamné à un mois de prison — Bizerte

Un fumeur condamné à un mois de prison — Bizerte

L'ONG Amnesty International a considéré que les condamnations des Tunisiens à un mois de prison pour avoir mangé ou fumé en public pendant le ramadan sont " absurdes ".

Pourtant, ce 1er juin quatre autres hommes ont été condamnés à un mois de prison pour des faits similaires. Elle a fait remarquer que la non observance des rites et coutumes religieux et sociaux ne constitue pas un crime. Les autorités tunisiennes ne doivent pas permettre l'utilisation de chefs d'accusation formulés en termes vagues pour infliger des peines sévères sur la base de motifs fallacieux. "Tout le monde devrait avoir le droit de suivre ses propres croyances en matière de religion et de moralité", a indiqué Heba Morayef, directrice de la recherche pour l'Afrique du Nord à Amnesty.

Les juges ont justifié leur condamnation en se référant à l'article 226 bis du code pénal tunisien qui dispose qu'est "puni de six mois d'emprisonnement et d'une amende de mille dinars quiconque porte publiquement atteinte aux bonnes mœurs ou à la morale publique par le geste ou la parole ou gêne intentionnellement autrui d'une façon qui porte atteinte à la pudeur". Durant le week end, plusieurs personnes ont manifesté à Tunis, pour réclamer le droit de manger et de boire durant ramadan et en protestation contre les décisions rendues par le Tribunal de Bizerte.

Gardes d'Erdogan visés par un mandat d'arrêt
Après ces faits, le sénateur américain John McCain avait réclamé l'expulsion de l'ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis. Cet épisode est le dernier en date d'une longue liste de sujets de discorde entre la Turquie et les Etats-Unis.

La responsable de l'organisation basée à Londres, a ajouté qu'aucune loi n'interdit de boire ou de manger en Tunisie, rappelant que le droit international et la constitution de 2014 garantissent la liberté d'opinion et de conscience ainsi que la liberté religieuse.

La question a régulièrement fait polémique en Tunisie ces dernières années et le débat est souvent houleux. Ceux qui restent ouverts le font discrètement, parfois en tapissant leurs vitrines de journaux.

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